Pyrale : les chenilles

Fiche pratique : la Pyrale du Buis

La Pyrale du Buis, comment la reconnaître, quel dégâts et comment lutter ?

Petite présentation :

La Pyrale du Buis (Cydalima persperctalis) est un papillon dont les chenilles aujourd’hui n’attaquent que le Buis (commence aussi à attaquer certains chênes). Elles sont capables de manger toute la surface foliaire d’un Buis en une seule saison ! Et parfois même revenir manger ce qui à repousser …

Papillon : Pyrale du Buis

Les Buxaies (forêt de Buis) ont été littéralement dévorée par cette petite bête ! On à pu voir, notamment dans la Drôme, des nuages de papillons dans ces buxaies, il y en avais tellement qu’on aurait pu croire qu’il neigeait !

Les jardins ne sont pas en reste non plus, on a vu de nombreux jardins « à la Française » installer des moyens de lutte, ou s’ils ont trop attendus, devoir refaire entièrement les haies ! Et donc attendre que tout repousse et soit à nouveau « au carré » pour que leur jardin, classé ou non, retrouve son architecture.

Les rendus esthétiques pendant la période de repousse, ou juste après une attaque laissent vraiment à désirer… Si votre jardin à vocation à être vu (par tous ou simplement par vous !), il est important de les protéger ! SI le Buis est une espèce très robuste, qui tolère une défoliation par an, elle ne peut en supporter plus, et difficilement sur le long terme !

Quels symptômes ?

  • Défoliation plus ou moins complète
  • Sorte de “toile d’araignée” visible
  • Désechement des zones attaquées
  • Parfois, jaunissement des zones attaquées
  • Observation facile des chenilles
Chenilles bien visibles (crédit photo EPPO)

Tous les Buis sont touchés : Buxus sempervirens, Buxus s. rotundifolia, Buxus microphylla, Buxus balearica…

Les haies monospécifiques (faites d’une seule espèces) souffrent toutes du même problème, quelque soit l’essence choisie (Photinia, Elaeagnus, Buis, Laurier rose, Laurier amande/cerise/palme…). Lorsqu’un problème sanitaire vient s’attaquer à une essence en particulier, c’est toute la haie qu’il faut traiter ou abattre.

On a vu les même problèmes dans de nombreuses régions avec le Platane : le canal du Midi sur toute sa longueur, le Cours Mirabeau d’Aix en Provence (etc…), ont du abattre les Platanes à cause du Chancre coloré du Platane (incurable à ce jour). On avait eu quelques années avant la même situation avec les Ormes et la graphiose… La mixité c’est la clé !

Si vous avez plusieurs essences, et qu’une est attaquée par un parasite attitré, même s’il n’y a pas de traitement, les autres espèces resteront en bonne santé ! Ainsi vous ne perdez pas tout votre jardin !

Buis après une attaque

La Pyrale en chiffres :

Nombre d’œufs par ponte : jusqu’à 2000 !
Nombre de ponte dans l’année : 2 à 3 (de mai à septembre)
Période visible de la Pyrale en vol : avril à novembre

Les nombreuses pontes, associées au nombre incroyable d’œufs (jusqu’à 2000 d’après l’INRA) fait que la surveillance de ce ravageur est à prendre très au sérieux ! Tout comme pour les Palmiers, les Buis attaqués font de très bon viviers pour les Chenilles. Si vous avez des Buis traitez les ! Si tout le monde le fait, cela limitera drastiquement les attaques et la gravité de leur dégâts.

Cycle de vie (crédit La Mésange Verte)

Les traitements biologiques :

Deux possibilités, à utiliser ensemble pour plus de résultat :

  • Baccillus thuringiensis : bactérie se développant dans la chenille, à utiliser tout au long du stade larvaire de mars à novembre, tous les 15 jours.
  • Piégeage avec phéromones : à utiliser dès les premières apparition de nymphes, sur la même durée de mai à novembre.
    Ces deux solutions, associées à un nettoyage très régulier des Buis (et à leur grande résistance naturelle) permettent de conserver les sujets sur le long terme, à condition d’effectuer ses deux traitements tous les ans, pendant la bonne période. Ces traitements ne nuisent qu’aux Pyrales !
  • Une troisième possibilité, moins connues, est celle d’introduire des Trichogramme (petite guêpe parasitoïde), qui s’attaquent aux œufs des Pyrales (et aussi d’autre papillon, notamment celui du palmier). Ces petites guêpes à l’âge adulte se nourrisse de miellat de pucerons, ou de pollen de fleurs, et peuvent donc continuer leur vie et venir parasiter les futures générations de ravageurs. S’attaquant à de nombreux lépidoptères, c’est une solution à prendre avec des pincettes tout de même, à mon sens.
  • Il y a aussi des oiseaux (mais aussi les poules !) qui mangent ces chenilles !

Quelles alternatives à la plantation de Buis ?

Ne pas planter de haie monospécifique pour éviter à nouveau tant de ravages.
Planter d’autres espèces, en mélange : Myrsine africana, Ilex crenata, Lonicera nitida… Choisir les plantes en fonction de l’utilisation : haie basse de bordure, ou grande haie, topiaire , etc. Privilégier les espèces à petit développement pour les haies basses, cela permettra d’avoir moins de taille à faire, et donc moins de plaies (qui sont encore plus attractives pour la Pyrale) pour vos arbustes !

Ilex crenata
Myrsine africana (gélive)

Besoin de conseil pour vos Buis ? N’hésitez pas à nous contacter !

Plus de détails sur :
Save Buxus de Plante et Cité
le site de la DRAAF
le site de l’INRAE

A voir aussi :

Les Fiches pratiques sur les Papillons et Charançons : les ravageurs du Palmier !

plantation d'un jardin

Fiche pratique : la plantation

La plantation : une étape clé à ne surtout pas négliger !

La plantation est un étape très importante avec le choix de l’espèce et
du végétal
.


La plantation demande des efforts, un peu de préparation mais surtout
beaucoup d’application !


En effet, de la plantation dépend la survie de la plante et son développement !


Une fois la plante bien choisie en pépinière, et ramenée à l’endroit voulu :


• Durant les périodes chaudes, mettre à tremper la motte (le temps dépendra de sa dimension),


• Préparer la zone de plantation en la désherbant manuellement,


• Ameublir le sol sur une profondeur et une largeur deux fois plus grande que la dimension de la motte,


• Creuser un trou au minimum une fois et demi plus large que la motte,


• Enlever les pierres au besoin,


• Enlever le contenant si la plante est en pot. Laisser la tontine ou le grillage si la plante est en motte (en coupant les fils sur la partie supérieur, que cela ne risque pas d’étrangler la plante)


• Pratiquer un pralinage sur les racines pour les végétaux en racine nues, transplantés, ou avec une motte abîmée,


• Mettre en place la plante, bien droite, en choisissant son exposition (de préférence la même qu’en pépinière),


• Remettre en place la terre sans tasser manuellement,


• Procéder au plombage hydraulique (voir fiche à ce sujet),


• Surveiller (surtout jusqu’à ce que la plante montre des signes de reprises) l’arrosage.


• S’il s’agit d’une transplantation, rabattre la plante de deux tiers (si caduque), ou d’un tiers (si persistante), et arroser copieusement. (Tout cela dépend également de la plante, et de son état, sa variété…),


• Mettre en place le tuteurage au besoin,


• Mettre en place une protection sur le tronc (type canisse ou jute) pour les arbres à écorces fragiles. Un paillage organique au pied aidera à améliorer la structure du sol et participera au bon développement de votre plante.

Les plantations peuvent être faites en conteneurs presque toute l’année (dans le Sud de la France et hors gel et canicule) même si l’on préfèrera le printemps ou l’automne (en fonction des végétaux). Les mottes et racines nues seront plantées entre mi octobre et début avril.


NB : la plantation est une étape clé de la bonne reprise de vos végétaux, faites réaliser ces prestations par des professionnels.


Les jours suivant la plantation : quels sont les bons signes :

  • Les feuilles restent droites, sans flétrir ou sécher,

  • Il n’y a pas de jaunissement des feuilles,

  • Pas de rameaux qui se désèchent,

  • La motte n’est pas visible, mais le collet est à fleur de terre,

  • La motte reste légèrement humide,

  • Il n’y a pas de rejets au pied (suivant les végétaux).

NB : certaines espèces tolèrent plus ou moins bien la (trans)plantation. Pour certaines les feuilles jaunies sont normales, ou du moins cela ne met pas en péril le végétal.

A la plantation : quels soins apporter en plus ?

  • Apport d’amendement naturel, composte, ou terreau à la plantation (dans le trou, et en mélange avec la terre de rebouchage, sauf si votre terre est déjà riche,

On évitera les engrais qui donnent un coup de boost «flash», sans laisser de nutriments pour la
plante en suite, et sans améliorer la qualité du sol,

  • Le tuteurage des grands sujets (arbres, gros arbustes) est important pour la bonne implantation du végétal.

Plusieurs types de tuteurage existent : monopode (pour petits arbres), bipode, tripode ou quadripode
et haubanage.

Le tuteurage doit être vérifier et ajuster plusieurs fois par an.


Pour les tuteurages : (Il est préférable de contacter un professionnel pour réaliser cette étape)
Installer solidement des piquets en bois (de diamètre 8 ou 10 en général, enterré d’1/3), et sangler l’arbre avec une matière naturelle (type bande de jute).


On installera toujours le tuteurage en fonction du vent dominant, mais il est recommandé de réaliser un tuteurage tripode ou quadripode pour assurer le bon maintient des arbres (en fonction de la taille et forme de l’arbre).


La bande de jute doit être fixée à l’arbre (sans l’étrangler, en lui laissant la place de grossir, et une faible possibilité de mouvement, mais possibilité tout de même), et fermement fixée aux barres reliant les poteaux entre eux. Un haubanage ne saura être fait que par un professionnel.


Le tuteurage ne doit pas «porter» l’arbre ! seulement éviter qu’il ne fasse de trop grands mouvements avec le vent !


Après la plantation : comment constater la bonne reprise du végétal ?

  • Il y a de nouveaux bourgeons qui se développent,

  • Le végétal continue de pousser,

  • De nouvelles feuilles / branches se développent,

  • Les fleurs et fruits préparent ou continuent leur croissance.

Exemple d’évolution sur un massif de vivaces :

Jardin à la plantation
Jardin après 2ans

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choix des végétaux, photo de pépinière

Fiche pratique : Le Choix des végétaux

Faire le bon choix pour ses végétaux

choix des végétaux, photo de pépinière

Du choix va dépendre l’avenir de votre jardin. Il est primordial de les choisir avec toutes les informations nécessaires !


Le choix des végétaux – par facteurs externes :


La qualité et la texture de votre sol : argileux, sableux, limoneux ? Riche, pauvre en humus ?


L’humidité de votre sol : sec, humide, bord de rivière ?


L’exposition : soleil, ombre ? Ombre le matin, soleil l’après midi, l’inverse ?


L’arrosage : manuel, automatique, inexistant ?


• Le pH du sol : acide, neutre, calcaire ?


La qualité de l’eau : peu ou très calcaire ? (90 % de l’eau en France est considérée comme calcaire,
certaines régions le sont beaucoup plus que d’autres)


L’espace disponible : si vous voulez combler un vide d’un mètre carré ne mettez pas un arbuste faisant
3m de large à dimension adulte…


La quantité de sol disponible : si vous vous trouver sur une dalle rocheuse, ou un ancien lac, ou dans
une jardinière, le choix des végétaux sera différent.


La raison de la plantation : uniquement ornemental ? Brise vue ? Nourricier ? Ombrage ?


Avez vous des allergies ? Graminées, conifères, pollens divers… Il existe des plantes stériles, ou simplement
des variétés semblables à celles qui vous plaisent sans vous causer autant de désagréments.


• Avez vous des couleurs que vous préférez ?


• Êtes vous dans votre jardin à toutes saisons ? Si non, en fonction de votre présence, aimeriez vous une
floraison à une période particulière ?


Remarques importantes : les végétaux sont des êtres vivants, qui naissent, grandissent, se développent,
et finissent par mourir. Tout comme nous, ils n’aiment pas être confinés dans des endroits exigus. Tout comme nous perdons nos cheveux et refaisons notre peau quotidiennement, ils perdent des feuilles, des fleurs, des fruits également!

Ce n’est pas évitable, et surtout, c’est NATUREL. Les fleurs peuvent teinter les terrasses, il faut simplement le savoir et les retirer plus régulièrement, ou choisir une variété de végétal avec des fleurs qui seront moins aptes à teinter.


A l’automne, les végétaux perdent leur feuilles afin de se protéger du froid. Dans la forêt, ces feuilles savamment
disposées au sol forment un humus particulièrement riche, sans lequel l’écosystème serait stérile. En forêt ce n’est pas sale. Chez vous il n’y a pas de raison que cela le soit ! C’est simplement une matière organique riche qui vient amender votre terre, l’améliorer, la nourrir. Et qui, par conséquent, aide vos végétaux à mieux se porter.


Une fois les feuilles au sol, l’arbre n’est pas mort, tout comme nous quand nous sommes endormis, il ne fait que se reposer, accumuler des forces pour la reprise !

Exemple de massif

Le choix des végétaux – par qualité du plant :


Une fois la bonne essence choisie, il ne reste plus qu’à aller en pépinière (on évitera les commandes sur internet, sans voir la plante, pour toutes les raisons qui suivent).


Ce choix doit se faire en fonction de :


• Bien sûr, l’aspect général de la plante, et le fait qu’elle soit adaptée à votre jardin,


• Qu’elle ne comporte pas de maladie (poudre blanche ou noire, tâche ronde marron…), carence (décolorations de feuilles, des nervures …), ravageur (pucerons blancs / noirs, araignées rouges, acariens cochenilles), champignon, etc.


La motte doit être compacte, les racines présentent partout (mais pas en chignon au fond du pot), elles ne doivent pas comporter de pourrissement ou champignons.


• Le terreau doit sentir « bon » : avoir une odeur de terre fraîche, pas de vase, être perméable (absorber de façon homogène l’eau), être foncé (la plupart des terreaux sont marrons foncé à noirs, s’il tirent vers le gris c’est qu’ils n’ont plus de matière organique, qu’ils sont pauvres et que votre plante à donc de forts risques d’être carencée).


• Le collet doit être à fleur du terreau, ni à l’air ni enterré (la plupart des plantes meurent en quelques mois si ce n’est pas le cas). Il doit être solide, la plante ne doit pas vaciller lorsque vous bougez le pot, et les racines ne doivent pas apparaître.


• Les branches doivent être dépourvues de plaies de taille importantes (surtout pas de plaies verticales montrant un arrachement!), sans branches dessechées. Les tailles éventuelles doivent être faites sans avoir laisser de « chicots » , ni abîmer le bourrelet de cicatrisation.


• Elles sont vigoureuses et droites (tout dépend des variétés), la plante à sont architecture d’origine.


• Les feuilles doivent être de tailles régulières, pas rabougries, de couleur uniformes (sauf pour les sujets type Photinias au printemps par exemple!)


• On fera également attention aux fleurs et fruits : s’ils sont présents en trop grande quantité, ou avec des proportions bien plus grandes que la moyenne, il y a de forte chance pour que la plante soit (ou ait été) forcée en pépinière, l’adaptation chez vous n’en sera que plus difficile.


Vous pouvez également demander à des professionnels ou ils se servent, en règle général, ils se
servent dans les pépinières de confiance, ou ils n’auront pas trop de retours. Cela ne dit pas que
la pépinière est parfaite, mais que si l’on sait choisir les bons végétaux, on en trouve facilement
à cet endroit là.

mazus reptans, photo
Les jolis Mazus de la Pépinière de l’Arc en Fleurs

Quelques pépinières :

Filipi, à Mèze

l’Arc en Fleurs, Saint Christol

Peillex, Carpentras

Montimas, Béziers

TSL, Orléans

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