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Biodiversité au jardin 

Si l’on est un peu concerné par l’environnement, si l’on aime être dans son jardin et l’observer, ou si l’on est sensible à la biodiversité, on s’est forcément poser ces questions… Comment apporter de la biodiversité au jardin ? Comment favoriser la biodiversité dans ses espaces verts ? Quelles actions pour la biodiversité ? (voir l’article sur la définition de la biodiversité).

Il y a beaucoup d’informations qui circulent sur la biodiversité au jardin : il faut nourrir les oiseaux, installer des hôtels à insectes, des ruches à miel, des abreuvoirs à oiseaux … Mais qu’en est il vraiment ? Quel est notre impact, et notre place dans la création d’espaces de biodiversité ?

Avant toutes choses, il faut garder en tête que, par abus de langage on dit souvent « créer de la biodiversité » ou autre formulation du genre. Ce n’est pas possible en soi : la biodiversité du jardin c’est l’ensemble du vivant, et des relations qui lient ces êtres (voir article sur la biodiversité). On ne peut pas créer ça, on peut favoriser la présence de différentes espèces, c’est tout.

Un écosystème est dépendant de chacun des êtres vivants qui le composent : si pas de plante, pas d’insecte. Mais si pas d’insecte : peu de plantes puisqu’ils assurent une partie très importante de la reproduction des plantes. Mais si pas d’insecte et/ou de plante : pas d’oiseau, etc. Les liens entre chaque sont vitaux pour tous, essentiels et interconnectés.

Abriter les oiseaux dans son jardin :

Une des actions les plus simple et les plus courante pour favoriser la biodiversité dans son jardin est d’offrir un gîte aux oiseaux. S’ils trouvent à manger, et qu’ils veulent s’installer de manière pérenne dans votre jardin il leur faudra de la place !

Je vous rassure, ils ne nous ont pas attendus pour savoir faire leur propre nids ! Ainsi, on ne devrait pas être obligés de leur proposer des gîtes ! Mais l’humain ayant enlevé une bonne partie des sites naturels, les oiseaux, surtout en ville, ont de plus en plus de mal à se loger de manière pérenne et sûre. S’ils font leur nid dans une haie, et qu’un taille haie sauvage passe par là tous les trois mois… Ça ne va pas le faire ! Surtout si c’est en période de nidification (printemps, début d’été) ! Ou s’il niche en haut d’un arbre et que chaque année il est ratiboisé… Même tarif !

Les lieux naturels de nidification sont : les arbres, les haies, les anfractuosités de roches. On peut leur proposer, en plus de ces habitats naturels : des nichoirs en bois, laisser les génoises creuses sous la toiture, … Cela leur permettra d’avoir un peu plus de choix ! Bien sûr, on fait attention à ce que ce ne soit pas à la portée des chats … !

Afin d’aller jusqu’au bout de la démarche, on évitera de visser les gîtes dans les arbres, ou de les fixer avec un fil de métal autour d’un arbre : cela l’abîmerai ! On peut prendre des liens souples de jardin pour attacher le gîte autour de l’arbre : comme ça, pas de blessure de l’arbre, et un maintien assuré du nid ! Tout le monde est gagnant !

La LPO recommande de nettoyer les nids une fois par an, une fois que les nichées sont parties.

Nourrir les oiseaux du jardin :

Si nos intentions sont bonnes quand on installe des boules de gras et graines pour les oiseaux, on se demande rarement : est ce la bonne action à faire ? Il y a tout un tas de facteurs à prendre en compte !

– quels oiseaux sont présents dans notre jardin ?

– quel est leur régime alimentaire ?

– varie-t-il au court de l’année ?

– de quoi se nourrit-il si je ne le nourrit pas ou plus ?

– les oiseaux ont-ils de quoi nicher sur le jardin ?

– ont-ils l’habitude (sans interventions de l’humain) de se côtoyer ?

– y a t il des risques de mal faire ?

– …

Toutes ces questions lèvent un point crucial : quel impact avons nous avec nos actions ?

Tous les oiseaux n’ont pas le même régime alimentaire, certains sont herbivores, piscivores, frugivores, carnivores, granivores, insectivores, etc. « La plupart sont généralistes et ont un régime alimentaire varié qui change en fonction de la saison, du lieu géographique et de leur habitat » souligne la LPO (voir leur page régime alimentaire des oiseaux). Les mésanges vont par exemple passer de granivores en hiver à insectivores les deux saisons d’après.

Si l’on donne une alimentation riche en protéines (insectes, larves, …) aux oiseaux quand leur métabolisme est encore en phase granivore, on leur fait enclencher le changement. S’ils ne trouvent pas assez à manger, leur survie est mise à rude épreuve. « Mais en aucun cas la mangeoire n’a pour objectif de se substituer au régime alimentaire « naturel » des espèces. » rajoute la LPO.

Ainsi le nourrissage pourra être fait de mi novembre à fin mars, mais n’est nullement obligatoire.

Ce nourrissage d’appoint est une manière pour nous de voir les oiseaux de notre jardin facilement, et ouvre les portes de la pédagogie autour de la biodiversité. Cependant, il ne faut pas que cela soit la plus grande part de l’alimentation de ces chères bêtes à plumes.

D’un coté car cela regroupe des oiseaux différents au même endroit, là ou dans la nature cela n’arrive jamais : ce qui fait potentiellement des diffusions de maladies. Cela fait aussi plus de risques de blessures : les pattes prises dans les filets plastiques des boules de graisses de nombreux oiseaux finissent pendus… Mais cela fait aussi des oiseaux une proie facile pour nos chasseurs velus… Si les chats connaissent un point de présence récurrent, ils auront plus de facilité à attraper les oiseaux. Si cela fait normalement partie de la chaîne alimentaire, nous l’avons quand même bien déréglée avec la quantité de chats présents dans les jardins, par rapport à celles des oiseaux, avec des conditions de vie drastiquement différentes (opulence contre galère!).

Et si l’on voit souvent des vidéos de gens attrapant des oiseaux pour les caresser, les filmer, il faut se rappeler que ce dont des espèces sauvages, pas habituées à l’interaction physique avec l’humain. Les diverses maladies et autres germes que nous portons (sans forcément être malade) peuvent être néfastes pour eux (et potentiellement, l’inverse peut être vrai aussi suivant les animaux). Alors autant les laisser tranquilles, et juste profiter de les voir et les entendre dans leur lieu de vie, en totale liberté !

Ainsi, il y a une grande réflexion à mener avant de décider d’interagir, et de vouloir « sauver » les oiseaux en les nourrissant : nos actions, sans formation, ont souvent un revers de médaille bien trop important. Alors pour prendre moins de risque : plantez local !

Planter local !

Oui, les oiseaux (insectes et animaux) d’une région ont un régime alimentaire adapté à la flore de leur région (que l’on appelle indigène). Si vous avez envie d’avoir des oiseaux dans votre jardin, que vous installez des nichoirs et des graines, mais qu’à côté de ça vous passez des pesticides toutes les semaines dans votre jardin, vous n’aurez que peu de chance de voir des oiseaux (qui plus est en bonne santé) dans votre jardin !

Et surtout, avant de vouloir planter : préférez conserver au maximum l’existant : haie, arbre, etc. C’est dans ces végétaux qu’il y a le plus de potentiel pour ces petites bêtes !

Chaque être vivant à besoin : de se nourrir (micro et macro nutriment), de boire (eau saine), de se loger (habitat durable), de pouvoir pérenniser l’espèce (protection de la descendance, des nids). Si l’un des 3 facteurs manque, l’écosystème dysfonctionne.

Alors prendre soin du choix de la partie flore de votre jardin est tout aussi important! Car, oui, les plantes font partie de la biodiversité aussi ! Planter des espèces locales, adaptées, variées, permettra un large panel de hauteur, couleur, période de floraison, bien sûr. Mais aussi une gamme de racines très différentes ! Ces prospections racinaires, avec des sucs différents pour chaque plantes, elles vont permettre une vie du sol plus variées. Les micro organismes du sol sont absolument clé dans le bon développement de votre jardin ! Et ils nourrissent une bonne partie des oiseaux !

Là où les oiseaux, hérissons, abeilles et papillons sont la partie émergée et « sexy » de l’iceberg, les populations de micro organismes vivant dans le sol représentent l’autre côté de l’iceberg, bien plus nombreux, et tout aussi vitaux !

Les activités biologiques du sol (aérobies et anaérobies) vont permettre (ou non!) une bonne absorption et rétention de l’eau, de meilleurs échanges (eau, air, nutriments, éléments chimiques, etc) entre les plantes et le sol (par les champignons mycorhiziens notamment). Ces échanges sont absolument vitaux pour les plantes ! Et donc pour les autres êtres vivants : oiseaux, insectes, petite faune… Pour l’écosystème quoi !

Si vous plantez des végétaux locaux, (de préférence venant de pépinière locale!), dans votre jardin, des variétés variées et diversifiées, avec des périodes de floraison (et donc de fructification) étalées tout au long de l’année, vous aurez plus de chance de voir l’écosystème de votre jardin se développer ! En ayant des plantes différentes, différents insectes viendront, donc différents oiseaux aussi ! Et dans ces cas là, même si les oiseaux viennent manger une partie des insectes, ce sera simplement la loi de la nature ! Mais les conditions seront bonnes pour que chaque espèce puisse se développer, se nourrir, se reproduire, etc. Et puis en général, on ne se plaint pas trop quand les coccinelles viennent manger nos pucerons (mais pour avoir des coccinelles, il faut des pucerons!), ou que les mésanges mangent, entre autres, les chenilles processionnaires …

Alors plantez : haies, massifs, arbres, fruitiers, etc ! En fonction de ce qu’il vous est possible de faire ! Chaque jardin est différent (sol, dimension du jardin, eau, exposition …), il n’y a pas de recette magique : il faut s’adapter à chaque terrain ! La bonne solution n’est qu’un ensemble de solutions !

Accueillir les insectes au jardin

Cela nous amène donc au point des insectes. Bien sûr, les oiseaux ne sont pas les seuls êtres vivants que nous pouvons accueillir dans nos jardins.

Depuis plusieurs années on nous vend des hôtels à insectes partout : grande surface, jardineries, mais même pour avoir des labels d’entreprise : il faut un hôtel à insectes. Mais alors, bonne ou mauvaise idée ?

Tout comme pour le nourrissage des oiseaux, il n’est pas naturel pour tous les insectes de vivre en colonie : déjà avec ceux de leur espèce, mais encore moins avec d’autres espèces ! Imaginez vous : demain vous arriver à l’hôtel, il y a dans la chambre de droite un couple de lion-lionne, et dans la chambre de gauche : un couple d’antilope. Bon, vous imaginez bien que même si vous êtes tous des mammifères, la nuit va être passablement mouvementée ! Et bien pour les insectes c’est pareil… (Oui, j’aime bien les images faciles ! Ce n’est pas exactement pareil bien sûr, mais cela permet de comprendre l’idée!).

Si l’idée des hôtels à insectes part elle aussi d’une très noble cause : mettre en avant le fait que ces petites bêtes existent, ne sont pas méchantes, ne vont pas nous manger, sont essentielles à la survie de tous, etc, dans les faits c’est plus complexe que ça. De plus, si vous installez un hôtel à insectes au milieu d’un parking bétonné… Il y a peu de chance qu’il y ait beaucoup de locataires ! Encore une fois, chaque être vivant à besoin de se nourrir, boire, d’un habitat, et de pouvoir se reproduire.

Il faudra réfléchir aux conditions dans lesquelles vivent les insectes dans leurs habitats naturels, et les reproduire, plutôt que de chercher à fabriquer des choses éminemment complexes pour un résultat peu satisfaisant. Une partie des insectes vie dans le sol (dont de nombreuses abeilles solitaires par exemple), ainsi laisser des espaces de sols ouverts et habitables (tas de sable, pierres, prairies…) est bien plus efficace que n’importe quelle fabrication. De même, il y en a aussi beaucoup qui vivent dans du bois mort : laissez quelques (morceaux de) troncs ou branches mortes à divers endroits du jardin. En créant (ou en ne supprimant pas) ces espaces, de nombreuses espèces pourront cohabiter, sans avoir un prédateur juste à côté ! Bien sûr, pour ceux qui habitent sur les plantes, il suffit de leur laisser des plantes (locales!)!

En ce qui concerne les ruches, là aussi l’idée est très bonne, pédagogique, et en plus il y a une utilité directe pour l’humain : le miel. Mais en ce qui concerne la biodiversité, ce n’est pas vraiment toujours un plus. En effet, dans une ruche, il y a environ 80,000 abeilles. Il faut donc nourrir tout ce petit monde ! Et pendant que l’on nourrit nos abeilles domestiques, que reste-t-il aux abeilles sauvages (qui sont solitaires pour la majorité, mais qui représente environ 1000 espèces différentes! Et dont leur nombre se réduit régulièrement) et aux autres insectes ? Encore une fois, tout dépend du contexte : de la place que vous avez, de la végétation alentours, etc.

Accueillir la petite faune dans son jardin

Comment faire pour que l’emblématique hérisson viennent dans votre jardin ? Ce sont toujours les mêmes questions : qu’est ce qu’il mange, où il dort, de quoi il a besoin ? La petite faune va venir réguler les quantités d’insectes : les chauves souris mangent les moustiques (et non, ce ne sont pas des vampires, elles ne vous feront aucun mal!), les hérissons mangent les escargots et limaces (non traités évidemment !!) et autres insectes, etc. Bien sûr, si vous traitez chimiquement pour ne pas avoir d’escargots ou d’insectes, vous n’aurez pas de hérisson (ni trop d’oiseaux) vivants (ou en bonne santé).

La première chose qui fait que les hérissons ne peuvent pas rentrer dans les jardins, est le fait qu’ils sont souvent clos par des murs. Faire un trou dans un agglo au ras du sol, permettra de laisser passer cette petite faune de jardin en jardin, et donc potentiellement jusqu’au votre s’il y trouve à manger, et un tas de bois pour s’abriter !

Et ne dites pas « oui mais les rats et les souris, ils pourront passer aussi ! » : ne vous en faites pas, ils passent déjà, tout comme les chats des voisins !

Pour les chauve souris, les gîtes à chauve souris sont eux, très efficaces ! Ce sont de petites bêtes sociables, qui vivent en groupe ! Alors pas de souci pour elles de venir coloniser un gîte avec leur famille ! Biens sûr, si vous avez des arbres creux, ou des génoises creuses elles seront ravies aussi ! On les trouve même parfois derrière des volets ou d’autres situations qui ne paraissent pas les meilleures, mais dont elles se satisfont ! Elle craindront cependant la lumière ! On évitera de trop allumer l’entièreté de son jardin avec de puissants spots si l’on veut avoir quelques chasseuses de moustiques !

Pour les reptiles, des espaces avec un tas de cailloux, drainant, au soleil, leur plaira en général ! Parfois on les retrouve sous les terrasses (lézards des murailles par exemple), ou dans des endroits du genre !

Le point d’eau

Bien sûr, tout ce petit monde à besoin d’eau. On propose souvent des mares ou soucoupes d’eau pour l’alimentation des oiseaux, insectes, et animaux. Encore une fois, il est important de ne pas favoriser la présence de proies et prédateurs sur un endroit trop restreint, ni de trop d’espèces vectrices de potentielles maladies pour d’autres.

Pour éviter cela, une grande mare est une super idée, mais dans une région sèche comme la notre c’est assez difficile à préserver, même si ce serait un vrai plus. Et puis, pas tout le monde à la place / les moyens de faire une mare, les voisins se plaignent des grenouilles etc. La mare pose beaucoup de questions au citadin, là où il ne devrait pas y en avoir beaucoup plus que : est ce utile à l’ensemble du vivant ? Oui : alors on le fait. Mais se pose également le problème de l’entretien, de l’approvisionnement en eau etc. Tout cela peut très bien se passer, sans être trop gourmand en eau non plus, si c’est un peu ombragé, on peut également faire des réserves d’eau pour refaire les niveaux si besoin etc.

On pensera à laisser une « rampe d’accès », du bois et/ou des cailloux, afin que ce beau monde que l’on veut abreuver ne vienne pas se noyer !

Les coupelles d’eau sont une bonne alternative pour les petits jardins, il faut cependant prendre garde au côté transmission de maladies entre les différentes espèces (laver régulièrement avec des produits naturels), et que ce ne soit pas un endroit facilement accessible par les chats … ! Et puis poser plusieurs coupelles peut être intéressant : oiseaux et insectes, (entre autres) ne cohabitent pas tous très bien !

La tonte

Le plus simple, si vous souhaitez favoriser la biodiversité : laissez faire la nature, elle fait ça très bien ! Depuis plusieurs centaines de millions d’années ! Le mouvement du « jardin punk » à mis ça en avant et est très pédagogique, à mon sens !

Bien sûr, tout le monde n’est pas ouvert à laisser la nature faire à 100 %, puisque si l’on a un jardin, en général, on aime bien en profiter (oui, la notion de profit pourrait être à discuter aussi quand on parle d’un espace naturel, mais c’est un autre débat).

Alors, comme je suis un peu Suisse, ou Normande, je dirais : ça dépend.

Si vous avez de l’espace, il est facile (oui, oui!) de laisser un espace tranquille, de ne pas trop y aller, de ne pas tondre etc. Juste laisser faire la nature. On peut aussi faire des rotations, cette année on conserve nature ce coin, l’an prochain celui là, etc. On peut aussi ne pas tondre partout : juste sur le chemin qu’on emprunte, sur la zone qu’on occupe : on appelle ça la gestion différenciée. Pendant ce temps, on laisse la prairie se développer !

Et si l’on n’est pas encore prêt à ça, on peut simplement commencer par tondre un peu plus tard (pas dès le mois de mars par exemple!), tondre un peu moins souvent, tondre un peu plus haut… Tout cela permettra d’améliorer la résilience de la vie du sol (puisque moins de soleil direct si tondu un peu plus haut par exemple), et donc la vie des plantes. Il existe un mouvement qui s’appelle #NoMowMay (pas de tonte en mai) qui préconise de ne pas tondre son jardin avant la fin mai. Pourquoi ? Simplement par ce que c’est au printemps que la plupart des fleurs de prairies fleurissent et fructifient, que la plupart des insectes se reproduisent, etc. Ne pas tondre au printemps laisse une énorme place à la biodiversité !

Et si vous avez un petit jardin, les espaces peuvent être simplement un tas de cailloux ou de bois sous une haie ou dans un massif, une bûche ou deux (possiblement percée) posée pour accueillir des insectes.

Les espèces exotiques envahissantes

Bien sûr, pour avoir de la diversité, il faut éviter qu’une espèce prenne le dessus sur toutes les autres.

Et c’est là tout le problème des espèces que nous avons décidé d’appeler exotiques et envahissantes (EEE). Si l’on peut penser que « c’est la nature, c’est comme ça, il faut faire avec », ces « envahisseurs » (plantes, et animaux aussi) posent un problème majeur. Si la biodiversité se mesure par 3 facteurs (diversité d’écosystème, d’espèces, et de gênes), il est important que dans chaque écosystème il y ait plusieurs espèces, qui elles mêmes aient plusieurs variations génétiques en leur sein. Les EEE prennent le dessus sur toutes les autres espèces présentes, et diminuent donc très drastiquement la présences de la faune et la flore associées aux espèces qui disparaissent.

Prenons l’exemple de la Canne de Provence (Arundo Donax). Une ripisylve (végétation de bord de rivière) est un espace où l’on trouve en général de nombreuses variétés d’arbres (saules, ormes, frênes, …), d’arbustes et vivaces, et toute la faune associées (papillons, oiseaux, micro organismes du sol, macro faune etc). Lorsque la Canne de Provence s’implante, elle fait des massifs de plus en plus gros, étouffant tout sur son passage, les vivaces et arbustes n’ont rapidement plus de place, de même pour les arbres. Les oiseaux nichant dans les arbres n’ont plus leur habitat, les insectes n’ont plus de fleurs, etc.

Ainsi même si votre jardin est à vous, et que oui, chez soi on est encore autorisé à faire ce que l’on veut ! Il est tout de même important de penser que chaque parcelle de jardin fait partie d’un ensemble de parcelles. Mis bout à bout, la surface de jardin en France est plus grand que la surface des espaces naturels ! Nous avons donc un petit truc à prendre en compte : on n’est pas tout seul, et le vivre ensemble passe aussi par le fait de limiter les (im)plantations de ces espèces, surtout lorsque nous sommes dans un jardin ouvert…

Les pollutions

Pour terminer cet article, évidemment, à part l’humain, il n’y a pas beaucoup d’espèces qui aime les endroits pollués. Ainsi, si vous souhaitez favoriser la biodiversité de votre jardin : pas de pesticides, pas de produits chimiques ou de lavages jetés dans le jardin. Pas d’éclairages (trop forts, verticaux,..) la nuit, pas trop de bruits non plus (oui, si vous faites tous les jours de parties de foot endiablées avec la ribambelles de supporters, vous aurez un peu moins d’oiseaux et d’insectes…).

En bref, je me répète, mais si vous souhaitez favoriser des espèces vivantes, il faut leur proposer un milieu, un habitat proche de celui qu’elles auraient dans la nature : pas de passage intensifs d’humain partout (entretien, jeu, etc), la possibilité de voir leurs proies/prédateurs, de quoi se cacher/se loger et/ou un bon sol suivant animaux/plantes, de l’eau, de quoi se nourrir, etc.

C’est logique, en soit, mais on lit beaucoup de « recettes miracles », qui oublient que le jardin est un écosystème en lui même, mais entouré d’autres écosystèmes, que chaque humain qui interagit dans son jardin est différent de son voisin.

Alors plutôt que de donner des solutions toutes prêtes, je préfère proposer des pistes de réflexion, afin de vous inciter à vous renseigner avec des spécialistes (LPO, OFB, écologues, associations, et tant d’autres), mais de toujours garder les yeux ouverts. On vous donne tous les bons conseils pour amener de la biodiversité dans votre jardin mais on vous conseille de laver la coupelle d’eau avec de la javel ? Cela vous pose question ? Il existe sûrement d’autres solutions ! L’essentiel est de se poser les questions pour essayer d’englober un maximum de facteurs !

Alors à vos jardins, à vos réflexions, et vive les jardins vivants !

Site de nichoirs et gîtes :

LPO : Ligue de Protection des Oiseaux

Nat’H : Nature Harmonie

Cohab : Créateur de biodiversité

Vous pouvez également les faire vous même, vous trouverez plein d’infos sur internet suivant les espèces que vous voulez loger, ainsi que sur les différents sites donnés ! Vous pouvez aussi demander à un artisan de vous en faire des originaux (toujours aux bonnes dimensions bien sûr) !

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