En méditerranée on a de plus en plus de palmiers malades, abattus, penchés, avec des feuilles en dentèles, ou qui meurent très rapidement. Mais pour quoi ? C’est ce que nous allons expliquer ici !
C’est sûrement dû à une attaque de ces ravageurs !
1/ Comment reconnaître un palmier attaqué par le papillon et le charançon ?
Pour cela il faut savoir comment il fonctionne.
Botaniquement il est considéré comme « une herbe », comme le bambou, les orchidées, les yuccas, les joncs et le gazon, il fait partie de la grande classe des « Monocotylédones ». C’est une classe qui référencie les plantes qui, lors de la germination de la graine, n’ont qu’une feuille, et dont les feuilles (futures) ont des nervures parallèles (à quelques exceptions près), ne font pas de bois, ni de tronc (mais des stipes pour les palmiers et yuccas par exemple).
Il ne pousse donc pas du tout comme un arbre. Les feuilles se fabriquent et apparaissent au cœur, mais il n’y a (vraiment quasiment) jamais de ramification.


C’est cette structure qui le rend si fragile face aux ravageurs !
2/ Quel dégât fait le papillon ?

Il pond ses œufs à la base du rachis des feuilles, sur le revers, les chenilles étant cannibales, il y aura une galerie pour chaque chenille, sinon elles se mangeraient entre elles !
Les chenilles, une fois les œufs éclos, vont creuser leur galerie, et grignoter petit à petit la partie extérieur du stipe de votre palmier. On voit donc les dégâts sur des feuilles qui arrivent à pousser : ce qui nous fait de belles dentelles, et quelques zig zags !

Le papillon mettre plusieurs saisons / années avant d’arriver à bout d’un palmier. Sauf si le sujet est jeune, là ça pourra aller plus vite !
Retrouvez toutes les infos sur le papillon ici : article sur le papillon du palmier
C’est un peu différent pour le charançon.
3/ Quel dégât fait le charançon ?
Pour lui, c’est plus complexe (et plus rapide !).
Le charançon va pondre ses œufs à la base du rachis des feuilles, sur la face interne, et les larves en se développant vont creuser des galeries.. Gigantesques ! Et s’y mettre à plusieurs !




Les larves s’y mettant à plusieurs arrivent à manger le cœur tout entier, ce qui empêche le développement de nouvelles feuilles. Les galeries étant assez grandes (on peut parfois y rentrer le bras tout entier !), elles peuvent aussi finir par s’affaisser. On voit très souvent la tête du palmier se désaxer, c’est signe d’une attaque très importante ! Lorsqu’il n’y a plus de feuilles nouvelles, il n’y a plus trop d’espoir… C’est le signe que tout le cœur à été mangé !
Les larves les plus gloutonnes peuvent vous faire perdre votre palmier en un an, voir même une seule saison !
Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a plus de larves ! Elles continuent de creuser des galeries, les charançons continuent de pondre, et votre palmier devient alors une vrai pouponnière à charançon ! A éviter !

Pour plus d’information sur les charançons du palmier : article sur le charançon du palmier
4/ Comment traiter et soigner mon palmier ?
Que ce soit pour le charançon ou le papillon du palmier : il n’existe pas de traitement préventif ! On ne peut faire que du curatif et de la prophylaxie.
Comme on est dans la 6ème extinction de masse de la biodiversité on évitera les traitements chimiques à large spectre, qui ne tueront pas que les larves et chenilles de nos deux ravageurs. Ces traitements sont de toute façon à faire aussi méthodiquement que les solutions plus naturelles.
Il existe des traitements à base de nématodes ou de champignon qui fonctionnent très bien, sur le papillon, le charançon du palmier mais aussi sur le charançon de l’agave. Il faut cependant bien respecter les règles d’application.
– régularité : tous les mois, voir tous les 15 jours sur les cas les plus avancés,
– longévité : d’avril à octobre au minimum, voir toute l’année s’il n’y a pas de froid,
– nettoyage : pas de coupe durant les périodes de traitement (l’odeur attire les ravageurs), on vide et cure les poches (attention l’odeur !),
– application : on met le produit au cœur du palmier ! Pas sur les feuilles, ni sur les côtés ou sur les racines !

Et bien sûr pour éviter les attaques, on privilégie la diversité floristique ! Si vous n’avez que des palmiers dans votre jardin, il sera bien plus attirant pour les ravageurs du palmier ! Si votre plantes est déjà morte, il faut absolument l’enlever. Sinon les larves et chenilles continueront à proliférer et attaqueront les autres sujets de votre jardin, ou des jardins voisins. C’est d’ailleurs à cause de ça que c’est si difficile de les éradiquer !
Pour plus d’informations vous pouvez consulter les sites de
- FREDON pour l’information et les déclarations